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Catégorie : Infos FSALE
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J’ai retenu ce que disait l’écrivain-journaliste Jean Cau dans un article offert gratuitement à notre journal « Képi Blanc ».

A l’époque, sergent à la rédaction de KB,  j’avais contacté ce dernier qui m’avait reçu très chaleureusement et offert l’article en échange d’un porte-clés Légion. J’avais également, pendant mon séjour parisien, été reçu par  Marcel Pagnol qui, lui aussi nous avait offert un article inédit que nous avons mis dans notre journal accompagné d’un très beau dessin de monsieur Just, artiste très connu que Képi blanc employait à temps plein. Malheureusement le colonel Marcel Letestu refusa l’article de Jean Cau, le trouvant, à juste titre, extrêmement destructeur pour nos valeurs et surtout trop politiquement incorrect…

Cette article disait que « désormais (nous sommes dans les années 1971) les civilisations savaient qu’elles sont mortelles ». Avec l’invention des armes thermonucléaires, l’humanité toute entière sait qu’elle est mortelle. La tragédie n’est plus celle d’un individu, d’un peuple ou d’une nation mais bien celle de l’espèce. Dans la guerre atomique, il n’y a plus de héros, plus de saint, plus de grand militaire et de sacrifie exemplaire. Des fusées partent et la mort absolue abat son immense chape. Alors reste l’espoir d’une drôle de paix, résultat imposé par le raisonnement suivant : « ou bien nous basculons dans l’apocalypse et plus rien n’a de valeur, ou nous sommes condamnés à la paix à tout prix et nous n’avons pas besoin de valeurs hautes. La paix à tout prix nous oblige à révérer le contraire de l’héroïsme, du courage, de la noblesse, de la passion au profit du « dialogue », de la demi-mesure négociée, du raisonnement et de la médiocrité. Une guerre atomique n’a ni besoin de héros, ni de champions, ni d’hommes… Des fusées jaillissent par centaine hors de leurs silos, elles décideraient de tout et ce tout serait peut-être un néant sans vainqueurs ni vaincus. Le temps de l’honneur est révolu. Morale de notre temps ; « il vaut mieux être un chien vivant qu’un lion mort ». Quand on pense à cette guerre de 14/18, on s’aperçoit que celle-ci obligeait les hommes à maintenir les hautes vertues morales car ils savaient avoir besoin d’elles. Dans la lutte qui les opposait à des adversaires redoutables, ce n’est pas avec des habilités de langage et des astuces d’avocats qu’ils vaincraient mais avec du courage, de la volonté, de l’abnégation, de l’héroïsme, du sacrifice, une loyauté et un dévouement solidaire qui les liaient entre eux. Cette armée de poilus était un conservatoire de valeurs dont le maintien et l’emploi, dans les jours de dangers déciderait de la victoire.

A quoi bon le courage aujourd’hui dans nos sociétés marchandes où tout est ruse et la loyauté si tout est combine et le sacrifice si l’égoïsme est roi ? La guerre rendait l’individu à la fois solidaire et responsable car elle obligeait de défendre et de protéger.

Nous n’avons pas retenu les leçons de cette Grande Guerre, les « petites guerres » d’aujourd’hui n’ont probablement rien à voir avec ce qui nous attend demain ! ».

CM